En Hommage au people Baloutche

Texte de Bernard Vassel

Séduction et grandeur d'un voyage, qui se trace, sur des tissus imprégnés de coutumes et de traditions. Des masques qui échappent au temps et qui, fragiles, couvrent les yeux des femmes.

Photographies d'enfant qui nous offrent des sourires dans lesquels se dessine la véritable beauté. C'est dans les yeux de Zohré que se devinent les espérances de demain. Les couleurs s'agitent sur les marchés, broderies de lumière qui effacent un instant la difficulté de vivre.

Paysages de pierre et d'eau, si proches et si loin de nous. La route côtière s'ouvre sur des paysages morcelés et provocants. Roche froissée par l'érosion du temps comme des pages abîmées de violence. Vagues de pierre comme les plis d'une robe chahutée par le vent. La terre crantée se révolte et transforme sa colère en caresses figées de frissons.

La pauvreté se dévoile dans l'intérieur des terres et nous montre un visage rigoureux.
Terre pauvre, terre généreuse. Et le courage des hommes s'accroche à la mer, nourriture incertaine à conquérir chaque jour.  Un jour ordinaire fait de lassitude, de puissance, de doutes et de certitudes.

Femmes BALOUTCHES sur qui se pose l'amitié, entre main tendue et regard distant, caché, triste et solitaire. Qui êtes-vous plongées dans ce silence ? Dissimulées dans vos vies ?

Boucles d'oreille à la géométrie compliquée. Coquette construction qui vous sculpte une élégance de princesse. Robes sur lesquelles s'inscrivent les symboles de votre passé. Plus loin. Forteresses, tombeaux, monuments qui s'élèvent comme autant de pages d'histoire du temps des invasions.

Charme des visages, beauté du texte, comme des vagues légères qui viennent caresser la douceur de ce pays.
Magie de la musique qui nous accompagne auprès du peuple BALOUTCHE et nous fait comprendre que c'est dans leurs regards que naissent les plus belles histoires du monde.
Cette musique envoûtante qui pousse l'émotion au-delà des portes de la conscience.

Laissons-nous guider. Si nous le pouvons, corrigeons le présent, afin de le rendre capable d'ouvrir des frontières qui ne se ferment jamais.

Aujourd'hui n’est qu'une fleur coupée dans un buisson aride. Demain sera un nouveau jour assoiffé de justice. Demain le sablier se videra de ses heures sans importance. Vers ce peuple BALOUTCHE, demain s'approchera, sur des chevaux à la crinière couleur de Liberté.

« Peuple BALOUCHTE, peuple oublié, peuple d'Iran, peuple élu, je vous porte dans mon cœur... » Brigitte Colette